Soin : « on ouvre GRAND la bouche ! »

RDV : 13h30 – Parc des ânes – Mr Bieber dentiste équin

C’est une première pour nos longues oreilles : le soin bucco-dentaire

La rencontre : Ulcie, Elvis, Hunka, Jacquot font connaissance d’une part avec ce nouveau professionnel ; d’autre part, avec ses instruments de soin (leur matière en bouche, leur bruit…).
Le lieu d’intervention : l’abri du parc. Il est connu des animaux et spacieux ; l’âne, « en consultation individuelle » peut bouger aisément.
Le soin et son organisation : Mr Bieber met en marche son groupe électrogène, dispose dans un seau de l’eau propre + désinfectant, installe ses instruments. A tour de rôle, les ânes pénètrent dans l’abri. C’est un travail en toute sérénité, aux gestes maitrisés -nés de sa connaissance de l’anatomie/du fonctionnement de l’appareil masticatoire et de son expérience- que le dentiste œuvre. Pose du pas-d’âne ou « ouvre-bouche » : il se fixe comme un licol ; est destiné à tenir la bouche de l’âne ouverte afin de pratiquer les soins. Un examen tactile à l’intérieur de la bouche renseigne sur la présence de surdents et de blessures. Équipé d’une fraise électrique, le praticien débute le nivellement de la table dentaire : toutes les excroissances sont polies ; les pointes sont ainsi réduites. C’est une intervention non douloureuse. Chaque âne retrouve une bouche saine.

Les 4 ânes, âgés de 12 à 22 ans, possèdent tous des surdents. Leur comportement sera quasiment identique : un étonnement face aux instruments et à leur son mais aucune excitation, aucune peur exprimées.
Une belle alchimie entre la tranquillité et le professionnalisme de Mr Bieber et le caractère confiant et flegmatique des ânes.

Ci-dessus : Ulcie en soin = le pas-d’âne est fixé ; la fraise électrique lime les surdents.
Ci-dessous : à gauche = pose du pas-d’âne sur Ulcie ; à droite = début de la visite pour Jacquot ; au centre = avec décontraction, le dentiste opère

Au cœur de leur abri à l’heure de la sieste matinale

A l’accueil, le gardien de la porte : Hunka. Une petite curieuse fait son apparition : Ulcie. Cependant, vue la chaleur, un demi-tour pour rentrer dans l’abri afin de se placer entre Hunka et Elvis. Elvis ! Je ne vois d’abord que la pointe de ses oreilles en pénétrant à l’intérieur ! A gauche, occupant de tout son long le pan de mur, Jacquot prend ses aises.

Être dans la cabane avec eux, c’est avant tout être en confiance mutuelle.
Et puis me laisser glisser dans ce monde sans parole où tout est sensitif, sensoriel, sensibilité ; où habite le calme intérieur ; où se vit le moment, rien que l’instant.
Et puis, avec un peu plus de présence et d’ouverture, c’est entendre les sons (les gargouillis de leur ventre, un soupir léger) ; c’est voir leurs yeux se fermer doucettement, leurs oreilles toujours, toujours en mouvement souple ; c’est sentir leur agréable odeur, non agressive ; c’est ressentir l’air de leur souffle de vie, la détente de leur corps.

ÊTRE ENSEMBLE AUTREMENT

La composition floristique de la pâture : les refus

Dans l’article précédent, je vous présentais quelques végétaux mangés par les ânes.
Ici je fais état, par photo, des refus.

Violette : au Moyen-Âge, elle est considérée comme une plante magique et aphrodisiaque.

Primevère acaule : « primevère » dérive d’une forme latine tardive prima vera, formée de prima, « premier » (au féminin), et de vera, « printemps ». Elle apprécie les sous-bois humides et frais.

Daphné lauréole ou laurier des bois (fleurs) : plante entièrement toxique ; automatiquement rejetée du menu asin !

Hellébore fétide : une plante toxique dégageant une odeur assez désagréable.
Extrait « Le lièvre et la tortue » Jean de la Fontaine = [Rien ne sert de courir ; il faut partir à point. Le lièvre et la tortue en sont un témoignage. «Gageons, dit celle-ci, que vous n’atteindrez point sitôt que moi ce but. – Sitôt? Êtes-vous sage ? Repartit l’animal léger. Ma commère, il vous faut purger avec quatre grains d’ellébore ».]

Fragon ou petit houx : il appartient à la même famille botanique que l’ail !

Carline commune ou carline vulgaire est une plante herbacée de 15 à 70 cm de la famille des Asteracées appelée également Composées. Cette grande famille botanique comprend par exemple le pissenlit, le chardon, la marguerite, l’edelweiss. Mais aussi : 1/ le Séneçon de Jacob, plante toxique pour les équidés 2/ L’ambroisie mangée, par contre, par les ânes.

Orchis pourpre (feuille) : cette orchidée aime la chaleur et les sols assez secs.

Orpin de Nice (genre sedum) : plante vivace de 30 à 50 cm. Son écologie ? lieux pierreux, rochers, murs.

Genet à balai : L’écorce était utilisée pour le tannage et pour la fabrication de cordes.

Buis : La pyrale du buis est un papillon ; mais c’est surtout, tout au long de son stade larvaire, une vorace chenille qui a ravagé le feuillage persistant des buis de notre région et bien d’autres. Depuis l’année dernière, nous voyons, par-ci par-là, des repousses sur les jeunes arbustes.

Conifère (cône, aiguille, bourgeon) : Apparus sur Terre il y a environ 350 millions d’années, au temps du Carbonifère, les conifères ou résineux sont arrivés bien avant les arbres feuillus. Ils sont très résistants à la sécheresse comme au froid. Cette résistance est due à la résine, qui contient très peu d’eau évitant ainsi à l’arbre de geler ou de transpirer.

La composition floristique de la pâture – les gouteux

Voici, en image, un échantillon de la végétation dans le milieu de vie des ânes.
Dans cet article, je vous présente quelques unes des plantes et quelques arbustes/arbres : les ânes les sélectionnent pour composer leur menu quotidien.

herbe : la nourriture de base de l’âne

épis de laîche, du genre carex

pissenlit ou dent de lion : riche en vitamine C et B-carotène

thym : plante aromatique et médicinale ; formidable antiseptique

lavande : plante de lumière et de chaleur aux propriétés apaisantes

garance voyageuse : ses feuilles et sa nervure médiane sont pourvues d’aiguillons crochus. Les ânes en raffolent !

lierre grimpant : « Il apporte la fraîcheur, un compost remarquable à l’arbre qui le porte vers les cieux ; il abrite une faune riche ; il joue un rôle de régulateur thermique, protégeant les troncs des arbres des trop grandes et néfastes variations de température », extrait du site « lechemindelanature.com »

ronce commune : son fruit est savouré par nombre de personnes et d’animaux (oiseaux, mammifères) = la mûre !

genévrier commun : ses feuilles sont des aiguilles persistantes très piquantes ; la saveur de ces fruits est âpre

écorce (et mousses)
« Les ânes sont originaires de pays désertiques où ils se nourrissent de ce qu’ils trouvent : broussailles, bois, herbes sèches… Le bois (écorce, branche…) fait donc partie de leur alimentation. L’âne a besoin de fibres pour réguler sa digestion » , extrait du site « aneduquebec.com »

cornouiller sanguin : il doit son nom à la teinte rouge sang de ses feuilles à la fin de l’été. Les jeunes branches prennent également une couleur rouge brillant

nerprun alaterne : cet arbrisseau est caractéristique des garrigues méditerranéennes

chêne pubescent : son nom vient du latin pubescens : à poils courts et mous (face inférieure des feuilles et jeunes rameaux). C’est une adaptation de l’arbre à la sécheresse

L’entretien des sabots

Nos ânes ne sont pas ferrés. Leurs pieds font l’objet d’une attention rigoureuse et d’un parage régulier. David, notre maréchal-ferrant, fait partie de notre univers asin depuis de longues années.

David est également comédien. C’est en passionné qu’il me dévoile son personnage actuel : Bernard Pardessus. Mr Pardessus se présente aux élections municipales. Venez le rencontrer : il est présent sur tous les marchés du Diois !

Avec Elvis, tranquille

Hunka a trouvé un « repose-tête » !

Toute la curiosité et l’affection de Jacquot

Ulcie, charmeuse et charmante !

Le pâturage actuel – les préparatifs –

la vue en haut de la pâture

Après environ un mois de nourrissage quotidien au foin, les ânes paissent de nouveau librement en milieu naturel.
Transport des piquets en fer forgé, du petit matériel de clôture (fil, isolateurs…) à dos de Hunka et Jacquot. Ulcie et Elvis suivent tranquillement en soupçonnant un changement prochain dans leur habitat, dans leurs habitudes !

à l’appel de leur nom, les ânes arrivent

après l’effort, le réconfort !

De l’herbe, un ruisseau et une cabane : le nouveau parc des ânes

A pied, en troupeau, nous nous déplaçons d’un terrain à l’autre

En ce dimanche 24 novembre, le ciel est bas et gris. Une bruine nous tombe sur les épaules. Des pépiements dynamiques autour de nous : ce sont les roitelets huppés et les bandes de mésanges huppées s’agitant dans les pins alentours.

Nous installons les 5 ânes dans un mini-parc afin de retirer la clôture ; piquets et fil vont nous servir pour enclore la nouvelle pâture.

En troupeau, à pied, nous nous déplaçons.

A peine arrivés, les ânes inspectent la cabane. Sans tarder, ils broutent : de l’herbe en prairie, des broussailles dans les haies et en sous-bois.
Même si le lieu est connu, les 5 longues oreilles restent bien ensemble, en groupe resserré.

Léa en grande reporter…

Quand Léa présente en grande page de cahier d’école sa venue à A fleur d’âne avec ses amis et sa famille.
Tout débute par une activité sensorielle pour faire connaissance avec Ulcie et Manouche, nos 2 compagnes du jour. S’ensuit un pansage soigné pour aller un peu plus loin dans l’intime avec l’âne et soi-même. Un temps de parole pour échanger sur ce qui est vécu par chaque enfant et chaque adulte : ses ressentis, ses émotions… . Tout le monde participe à l’équipement des ânesses pour s’aventurer, à pied, l’âne en main, sur les chemins. Léa et ses amis mènent Ulcie et Manouche. La rivière « la Gervanne » nous accueille pour un savoureux pique-nique partagé. Un temps de jeux libres pour les petits. Sur le retour, j’invite les enfants à un arrêt naturaliste en sous-bois : recherchons et observons les traces d’animaux : par ici, les moquettes du chevreuil ; par là, les frottis du cerf. Arrivés au parc des longues oreilles, des câlins, des câlins et… « à bientôt les ânes » !!

Le temps d’une journée pour être ensemble autrement.